La Piquennière
A l’époque romaine, s’est développé un grand domaine agricole: le Lauracum et une activité de poterie à Leudrie.
Ce domaine avait pour limite, à l’ouest, la Piquennière, proche du gué de Loré, en bordure du ruisseau d’Ortel.
Le site de la Piquennière lui même est un lieu de marais, la route étroite menant à la Piquennière la profondeur des canaux de drainage du marais très boisé.
Le site de la Piquennière présente une particularité notable celle d’être au croisement d’une voie de passage historique et de la rivière de la Mayenne.
Le contrôle des flux et des personnes se réalisait au gué de Loré.
Le site a donc revêtu une importance stratégique, qui explique également l’existence d’une motte féodale du onzieme siécle et bien avant l’existence d’un poste de contrôle romain.
La motte féodale
témoigne bien évidemment d’une fonction de défense et de contrôle d’un endroit stratégique.
Un peu cachée, ellipsoïdale et mesurant 50 mètres sur 17, elle et est entièrement entourée d’un fossé alimenté par le ruisseau d’Ortel se jetant dans la Mayenne.
Le Colombier Carré
Un autre élément remarquable est le colombier carré du 15ème siècle à l’entrée de la Piquenière.
Il mesure de 5mx 5m et atteste d’une résidence seigneuriale.
Les colombiers carrés du 15eme siècle sont rares car souvent détruits ou transformés en habitation.
Nous en avons recensé deux, quasiment identiques et relativement proches: celui de la Piquennière et celui d’Hamptonne à Jersey.
Ce dernier a été construit en 1445 par Richard Langlois sur autorisation spéciale de la Couronne anglaise.
La possession d’un colombier, témoignait en effet, alors, d’un statut social élevé.
Voir ci-dessus les détails techniques d’un pigeonnier ancien et les mots savants associés dont celui de boulin qui est le nichoir de pigeons creusé dans les murs.
Le nombre de boulin assurant la production de pigeons, était lié à l’importance de la propriété car un trop grand nombre de pigeons pouvait être préjudiciable aux cultures. La coutume et la jurisprudence accordait en général 1 boulin par arpent de terre labourable.
Le domaine de la Piquennière à l’origine devait donc comporter environ 260 hectares puisque le Colombier comportait 524 boulins (un arpent équivaut à 5000 m2).
Le Gué
Un petit mot sur le gué de Loré auquel était attaché un droit de péage et de « chalon », le chalon était alors une barque à fonds plat utilisée pour le transport des personnes. L’embarquement se faisait au « pré du Chalon » juste à coté.
En 1729/1730, le gué a été reconstruit, le curé de la Paroisse en a attesté le contrôle et la bonne fin dans les termes suivants :
« nous soussigné Pierre Dutertre, prêtre Curé de la paroisse de Loré, Doyen du Passais, certifions à tous qu’il appartiendre qu’on a dressé en dessous de la chaussée du Gué de Loré un passage for commode pour les gens de pied avec des pierres plates élevées sur de petites masses, du consentement de M. de Pitard, Seigneur de la Brisollière, Seigneur de Loré et autres lieux, le dit passage commencé en l’année 1729 et fini l’année suivante. Fait ce 1er décembre 1730. »
Un dernier mot sur l’histoire du lieu à trois époques différentes :
- La Picannière dépendait autrefois de l’abbaye de Savigny (en tant que fief de Dame-Luce)
- Au 17ème siècle, la propriété appartenait à Pierre Pottier époux de Renée le Silleur. A son décès ses deux enfants, jacques, Seigneur du Bois Frican et, Guillaume, Seigneur du Boullay cédèrent la Picannière à Jean Baptiste Gillebert d’Haleine dont le grand père avait épousé une demoiselle Pottier de Boisvesin.
- Plus tard, lors de la Chouannerie, la Piquennière a été le théâtre d’actions de l’armée dite « Catholique et Royale de Normandie » ; ces actions sont citées par Robert Billard de Veaux dit « Alexandre » de son nom de chouan. Alexandre Billard de Veaux, originaire d’Ambrières, était sous les ordres de Louis de Frotté il prit, en tant que chouan en 1775, la direction de la division d’Ambrières-les-Vallées. Une place de la ville d’Ambrières porte à ce jour son nom.
Il publia ses mémoires ses mémoires de Chouan normand en 3 tomes en 1832 Ces mémoires sont numérisées à la BNF.
